Il y a quelques semaines, c'était la première rencontre enseignants-parents. Il y aura la soirée portes-ouvertes très bientôt pour la course Privé-Public, puis les remises de bulletins en début novembre.
Je l'avoue, nous ne trépignons pas, en tant qu'enseignants, quand vient le temps de ces réunions obligées. Nous avons notre journée dans le corps comme on dit.
En outre, nous avons parfois l'impression de faire partie d'une entreprise marketing de relations publiques pour faire compétition au privé, alors que nous, notre dada, c'est l'éducation des jeunes.
Mais les élèves, ce sont eux qui nous donnent notre travail. S'ils émigrent tous vers le privé, la baisse de clientèle entraînera des coupures de postes. Ainsi nous sommes dans le cercle vicieux qui fait de l'école une boîte qui veut séduire les parents et les jeunes avec une panoplie de programmes spéciaux. Le buffet de l'éducation.
N'empêche, hormis cet aspect négatif, on s'entend pour dire que c'est important et on le fait. Mais la rencontre d'accueil, franchement, c'était un rendez-vous manqué.
Pas de parents ou presque.
J'évaluerais ma soirée ainsi:
environ 6 élèves sur 30 étaient représentés par un ou les deux parents et, de ce nombre, 3 élèves étaient présents avec leur(s) parent(s).
Aussi, sur les 6 enfants représentés, 4 étaient des filles...
6 élèves sur 30, c'est 20% des enfants dont les parents ont jugé qu'il était important d'aller rencontrer les enseignants en début d'année scolaire, de s'informer sur la vie scolaire de leur enfant.
7% étant des parents de garçons...
Je trouve cela désolant.
En 5e secondaire, je comprendrais que les parents optent pour l'autonomie graduelle de leur jeune, mais là je parle de groupes d'enfants de 2e secondaire. Des enfants de 12 à 14 ans.
C'est un âge critique en ce qui a trait à la démotivation scolaire et au décrochage potentiel, surtout chez les garçons.
Vous aurez beau échafauder tous les programmes possibles et impossibles pour contrer le décrochage scolaire, si les parents ont démissionné et nous laissent (pour X raison), aux enseignants, la totale prise en charge de la vie scolaire des enfants, ça ne fonctionnera pas.
Il faut un fil conducteur à la maison.
Gagez qu'aux portes ouvertes, ils seront nombreux. C'est du magasinage.
Et aux remises des bulletins, évidement, seront les parents des enfants qui réussissent le mieux. Logique.
S'ils réussissent, c'est que les parents les encouragent.
Même logique pour les autres!

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