dimanche 11 octobre 2009

Pour bientôt...




http://api.ning.com/files/knoftGbcJPBRW6dgRnyOaFfpQzEdeJQanTxdpdCbEPg_/education2.0.jpg

samedi 10 octobre 2009

Intimidation


Tous les jours, des élèves vivent de l'intimidation.

Certains jours, ce sont des enseignants.

Nul besoin d'un cas médiatisé d'intimidation à l'école secondaire pour être à l'affut du phénomène quand on enseigne.
Ça me fait rire lorsque j'entends "intimidation grave";
c'est toujours grave!
Et je remarque, du moins dans mes classes, que la plupart du temps, ce sont des garçons qui en sont victimes et auteurs.
Rien de scientifique comme statistique, mais j'aimerais connaître les vrais chiffres. Y en a-t-il?
Les garçons sont aussi ceux qui décrochent le plus.
Quand va-t-on s'en occuper?

Et l'intimidation envers les enseignants?
J'ai été témoin de plusieurs cas d'intimidations d'enseignants durant ma carrière. Déjà, depuis le début de l'année, le pouvoir malsain de l'intimidation a saboté l'estime personnelle de deux collègues. Ces profs vont abandonner un ou des groupes.

Que fait l'école quand le prof dénonce?

Suspension de trois jours généralement. Ça c'est pour l'initiateur. S'il y en a d'autres qui ont ''suivi'', ils ne sont pas toujours suspendus. Et 3 jours, c'est bien peu pour l'élève méprisant et quand l'élève revient, qu'est-ce qu'on fait?
Voilà pourquoi beaucoup de personnes intimidées optent pour l'Omerta.

Les enseignants ont peur de l'élève et des autres profs qui pourraient porter un jugement négatif.

Dans le cas des élèves intimidés, ils se taisent parce qu'ils ont peur que ça empire.

Il y a quelques années, j'ai déjà du recourir à la police pour "avoir la paix" d'un jeune qui m'avait menacée fortement et de façon récurrente. Et même lorsqu'il a été sorti de l'école, j'ai continué d'avoir peur pour ma maison, ma voiture, ma famille...
C'est sournois l'intimidation.

Est-ce que Mme Courchesne attends d'autres cas médiatisés pour faire quelque chose?

En Ontario, (je vais vraiment avoir l'air d'aduler la province d'à côté!) ils ont voté au printemps dernier une loi criminelle contre l'intimidation.
Bravo! Voilà un geste politique clair.

Enfants laissés à eux-mêmes



















Il y a quelques semaines, c'était la première rencontre enseignants-parents. Il y aura la soirée portes-ouvertes très bientôt pour la course Privé-Public, puis les remises de bulletins en début novembre.
Je l'avoue, nous ne trépignons pas, en tant qu'enseignants, quand vient le temps de ces réunions obligées. Nous avons notre journée dans le corps comme on dit.
En outre, nous avons parfois l'impression de faire partie d'une entreprise marketing de relations publiques pour faire compétition au privé, alors que nous, notre dada, c'est l'éducation des jeunes.
Mais les élèves, ce sont eux qui nous donnent notre travail. S'ils émigrent tous vers le privé, la baisse de clientèle entraînera des coupures de postes. Ainsi nous sommes dans le cercle vicieux qui fait de l'école une boîte qui veut séduire les parents et les jeunes avec une panoplie de programmes spéciaux. Le buffet de l'éducation.
N'empêche, hormis cet aspect négatif, on s'entend pour dire que c'est important et on le fait. Mais la rencontre d'accueil, franchement, c'était un rendez-vous manqué.
Pas de parents ou
presque.
J'évaluerais ma soirée ainsi:
environ 6 élèves sur 30 étaient représentés par un ou les deux parents et, de ce nombre, 3 élèves étaient présents avec leur(s) parent(s).
Aussi, sur les 6 enfants représentés, 4 étaient des filles...

6 élèves sur 30, c'est 20% des enfants dont les parents ont jugé qu'il était important d'aller rencontrer les enseignants en début d'année scolaire, de s'informer sur la vie scolaire de leur enfant.
7% étant des parents de garçons...

Je trouve cela désolant.
En 5e secondaire, je comprendrais que les parents optent pour l'autonomie graduelle de leur jeune, mais là je parle de groupes d'enfants de 2e secondaire. Des enfants de 12 à 14 ans.
C'est un âge critique en ce qui a trait à la démotivation scolaire et au décrochage potentiel, surtout chez les garçons.
Vous aurez beau échafauder tous les programmes possibles et impossibles pour contrer le décrochage scolaire, si les parents ont démissionné et nous laissent (pour X raison), aux enseignants, la totale prise en charge de la vie scolaire des enfants, ça ne fonctionnera pas.
Il faut un fil conducteur à la maison.
Gagez qu'aux portes ouvertes, ils seront nombreux. C'est du magasinage.
Et aux remises des bulletins, évidement, seront les parents des enfants qui réussissent le mieux. Logique.
S'ils réussissent, c'est que les parents les encouragent.
Même logique pour les autres!

mardi 6 octobre 2009

cobayes



Cette année, le cycle de croissance se termine,

mais la chrysalide n’est pas devenue papillon.

Cette année, la Sacro-Sainte-Réforme termine son cycle de croissance. La cohorte d’élèves qui la subie depuis ses premiers balbutiements est en cinquième secondaire.

Pour plusieurs prof, c’est la cohorte cobaye, la légion sacrifiée. Certains élèves le disent eux-mêmes! Ce sont de pauvres enfants sur lesquels le matériel pédagogique est expérimenté à grands coups de profits pour les maisons d’éditions.

$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$

Et qu'est-ce que j'enseigne cette année? Je vous laisse deviner.

J’ai le privilège d’enseigner, en 5e secondaire, un de ces nouveaux cours pondus par le Renouveau pédagogique. Et je ne m’en porte pas trop mal pour l’instant. Commençons l’année positivement me dis-je. Le stress est déjà colossal avec des classes de 38 grands cocos dans un local viable à 33.

Ainsi, une fois le programme de ce nouveau cours parcouru, j’ai lorgné quelques aspects dignes d’intérêt et envisagé une survie possible, tant pour les élèves que pour moi, à travers ce cursus somme toute plutôt attrayant, mais face auquel je suis en partie néophyte. Il me faudra apprendre certaines notions... plusieurs même.

Voilà un autre exemple de l’inconfort perpétuel dans lequel la Réforme nous ET me place. Enseigne quelque chose que tu ne maîtrises pas.

Je suis écœurée de me sentir incompétente. Après 10 ans. Évidemment, nous sommes des universitaires et aussi professionnels, alors nous allons travailler fort. Mais nonobstant mon professionnalisme et mon expérience, je resterai profane dans ce nouvel univers. J'expérimenterai.

C’est qui le cobaye?


lundi 5 octobre 2009

Abolition des subventions aux écoles privées

















Avez-vous entendu la Ministre Courchesne ce matin à C'est bien meilleur le matin? Elle niait totalement que d'abolir les subventions destinées aux écoles privées pourrait améliorer le sort du système scolaire public québécois. Elle disait que pour changer la mauvaise réputation des écoles secondaires publiques, il fallait changer nos façons de faire et, je cite: se recentrer sur l'élève. !!!!!!!

Je ne suis pas de ceux qui dénigrent le "modèle québécois", bien au contraire. Nonobstant ma fierté, je peux dire qu'en matière d'éducation, l'Ontario a une longueur d'avance.

En effet, je crois que c'est le Premier Ministre Dalton Mcguinty qui a arrêté les subventions aux écoles privées en Ontario. Ici, au Québec, il me semble que nous privons nos écoles publiques d'environ 400 millions de dollars injectés dans les écoles privées subventionnés.
Redonnons ces sommes aux écoles publiques et nous pourrons alors:

- réduire raisonnablement le nombre d'élèves par classe; (J'ai une classe de 38, une de 37 et une autre de 34!!!!!!)

- ouvrir des classes spéciales pour les élèves qui ont des problématiques particulières;

- travailler pour diminuer le taux de décrochage (plus spécifiquement les garçons);

- améliorer la réussite de l'ensemble des élèves; etc.

Le problème est que ça prend du courage politique pour poser un tel geste.

Dans ma région (Lanaudière), il y a des écoles privées qui, selon certains, nous prennent les meilleurs élèves.
Selon moi, c'est une erreur de penser ainsi, car de bons élèves, les écoles publiques en ont, mais nous ne pouvons pas développer leur plein potentiel avec le peu de moyen que nous avons.

Si ces écoles privées n'étaient plus subventionnées par le gouvernement, peu de parents changeraient d'idée en ce qui a trait à envoyer leur enfant au public ou au privé. Ceux et celles qui croient fondamentalement que le privé offre plus de rigueur et un meilleur milieu d'apprentissage se "serreraient la ceinture" pour y inscrire leurs enfants quand même. Ce fut mon cas.

Là où on verrait la différence, ce n'est donc pas dans la quantité d'élèves qui choisirait le privé ou le public, mais dans la qualité des services qui pourraient être offerts au public grâce aux sommes transférées de l'un à l'autre.

Un film sur le sujet, Les enfants du palmarès, sera diffusé à Canal D, le 18 octobre à 19 h et le 19 octobre à 13 h.
Je vous invite à écouter l'entrevue réalisée par Christiane Charette la semaine dernière à propos de ce documentaire que j'ai hâte de voir.

L'intégration

Certains élèves sont vraiment extraordinaires.


Il y a deux ans, j'avais un élève avec un trouble évolutif du développement qui s'amusait avec les sudokus. Il en a fait un cahier d'une vingtaine en une heure de route en autobus!
L'an passé, une de mes élèves les plus travaillantes, qui est aussi polie, souriante et curieuse, a vécu une enfance dans la maltraitance la plus abjecte qu'on puisse imaginer.
Un autre qui connaissait de grandes difficultés académiques ne manquait aucune de mes périodes de récupération et reprenait les travaux échoués ou encore demandait des travaux supplémentaires, sans jamais se décourager et toujours avec un sourire des plus sincère et charmant. Ses parents étaient toxicomanes.

Cette année, j'ai des élèves réfugiés politiques. Du Congo ou de la Colombie. En classe, malgré des souvenirs encore vifs de violence, ils sont calmes et font preuve d'un leadership positif.

Ces exemples de talents particuliers ou de résilience et d'autres de créativité ou d'efforts soutenus réconcilieraient n'importe qui avec l'adolescence et donnent l'espoir en l'avenir.
Le hic, c'est que j'ai l'impression que certains changements dans le système scolaire amenés par la Réforme tendent à étouffer ces esprits uniques et à rendre le parcours encore plus ardu aux élèves plus faibles du régulier.

Quand je parle de changements négatifs apportés par la Réforme, je cible surtout l'intégration des élèves en difficultés (EHDAA) dans les classes régulières et les dépassements de ratios prof/élèves.

Avant (il y a cinq ans...), il existait des classes spéciales et des cheminements véritablement particuliers dans toutes les écoles pour les élèves qui nécessitaient des méthodes d'enseignement différentes et qui avaient besoins d'orthopédagogues ou d'enseignants en adaptation scolaire.
Les classes régulières dépassaient de un ou deux élèves leur ratio prof/élèves qui devrait être à 1/28, mais ça allait.
Maintenant, la majorité de ces classes ont été fermées dans un vent d'intégration frôlant la tornade.

Les classes régulières sont souvent en dépassement: 32, 33 élèves, avec trois ou quatre cas d'intégration dans chacune. Personnellement, dans mes classes régulières cette année, j'ai un élève avec un syndrôme Gilles de La Tourette, un autre en difficultés visuelles, sept troubes de comportements (TC), trois cas officiels DGA (difficultés graves d'apprentissage) et un élève qui a un dossier criminel et un protocole de probation. Ça, ce sont seulement ceux qui ont des problèmes "diagnostiqués" ou déclarés officiellement.
D'autres ont des problèmes moins sérieux, mais assez exigeants, sauf qu'ils ne nécessitent pas des compétences d'orthopédagogues ou d'enseignants en adaptation scolaire.
Moi, je suis une enseignante ordinaire.

Les médias vous diront que du personnel a été engagé pour aider.
Les services ne vont pas nécessairement avec l'intégration, car même si des éducateurs ont été engagés avec la Réforme, dans les faits, ils ne sont pas uniquement greffés à ces élèves intégrés. Les éducateurs engagés sont disponibles pour toutes les urgences de l'école.
Des urgences, il y en a des dizaines à chaque jour. Par conséquent, les profs "ordinaires" doivent se débrouiller avec les cas d'intégration et les élèves "réguliers" se débrouillent bien souvent tous seuls pour cheminer dans ce beau système.
C'est à eux de s'adapter puisqu'il n'y a plus d'adaptation scolaire pour les EHDAA (élèves handicapés ou en difficultés d'adaptation et/ou d'apprentissage).

Ma direction nous offre une panoplie de formations sur les élèves EHDAA pour nous aider avec l'intégration...
Ce serait tellement plus simple de juste réouvrir les classes pour ces élèves qui seraient bien mieux avec des profs compétents à leur enseigner.
Et nous, les profs ordinaires, on pourrait enseigner au régulier.
Il ne me resterait qu'à aller aux formations pour apprendre les nouveaux programmes...



dimanche 4 octobre 2009

Électron libre


Bonjour à vous, chères lectrices et chers lecteurs, intéressés par le monde de l'éducation.
Je vous souhaite la bienvenue dans mon nouveau blogue sur le monde scolaire, le dernier ayant été balayé par un vent de hackers assez violent.
J'espère que celui-ci aura une longue vie, alimentée par vos commentaires enrichissants.